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COVID-19 : les femmes enceintes plus à risque ? Non

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Les femmes enceintes sont-elles plus susceptibles d’attraper la COVID-19, et le virus met-il davantage en danger leur santé et celle de leur enfant ? Le Détecteur de rumeurs constate que l’état actuel des connaissances est plutôt rassurant pour la mère et l’enfant.

L’origine de la rumeur

La grippe H1N1 et le SRAS ont apparemment augmenté les risques de complications pour la mère et l’enfant. Il semblerait donc logique de craindre la même chose avec ce nouveau coronavirus.

On sait par ailleurs qu’à cause des changements physiologiques et immunitaires entraînés par la grossesse, les femmes enceintes peuvent développer des complications à la suite d’une infection respiratoire. Or, ce virus-ci a tendance à s’attaquer au système cardiovasculaire et aux poumons, déjà mis à l’épreuve par la grossesse. Enfin, ce coronavirus cause parfois des caillots de sang, un risque là aussi augmenté par la grossesse.

Risques pour la mère?

La recherche a encore beaucoup à faire pour cerner cette question. Par ailleurs, même si la recherche se poursuit, les praticiens semblent s’entendre pour dire que si la COVID-19 présentait un risque très élevé pour les femmes enceintes et leur fœtus (comme le virus Zika, par exemple), on le saurait déjà.

Les observations sur le H1N1 et le SRAS reposaient sur un petit nombre de cas. Et cette année, les études à ce sujet, venues de Chine et d’Europe, sont partielles — ce qui a conduit en juin un réseau de chercheurs canadiens à lancer une étude des répercussions de la COVID-19 sur les femmes enceintes.

Des petites études suggéreraient par exemple que certains bébés de mères atteintes de la COVID naîtraient plus tôt, seraient plus petits et passeraient plus de temps à l’hôpital. Une étude de l’agence américaine de contrôle des maladies (CDC) parue en juin pointe vers un risque accru d’hospitalisations et d’admissions aux soins intensifs chez les femmes enceintes, mais pas davantage de décès. Une petite étude suédoise (comparant 13 femmes enceintes à 40 femmes non enceintes) a aussi trouvé que les patientes enceintes étaient plus à risque de se retrouver aux soins intensifs. Par contre, résume une page de l’École de médecine de l’Université Harvard, rien n’indique dans ces recherches que les femmes enceintes atteintes par la COVID-19 feraient davantage de fausses couches.

Pas de risques pour le bébé

Une équipe américaine, s’appuyant en partie sur des recherches similaires qu’elle avait menées lors d’épidémies précédentes, a conclu en juillet que les fœtus étaient rarement infectés dans le ventre de leur mère. Le placenta produirait en effet de très faibles quantités du récepteur de virus et la transmission de la maladie au bébé semble rarissime : un seul cas de transmission via le placenta a été rapporté en France. Trois cas de bébés nés par césarienne ont reçu un diagnostic de COVID-19 en Chine, mais il n’est pas exclu que les nouveau-nés l’aient contracté après la naissance. Aucun cas de malformation n’a été rapporté dans le monde, et pour l’instant, des atteintes cérébrales n’ont pas été constatées.

Attention au stress

La communauté médicale invite à la prudence et la vigilance mais, devant ces risques assez faibles, ne conseille pas de s’isoler ni de paniquer. Parce que si la recherche en sait peu sur les conséquences du coronavirus, le stress, lui, a des effets bien connus sur la mère et son enfant.

On sait déjà, notamment grâce au Projet verglas — qui suit depuis 20 ans les bébés nés pendant la crise québécoise de verglas de 1998 — que le fœtus peut être affecté de toutes sortes de façons par le stress et l’anxiété de la mère : naissance prématurée, plus petit poids à la naissance. Les impacts sont ensuite observables chez l’enfant durant plusieurs années. La professeure à l’origine de ce projet, Susan King, codirige présentement une vaste étude québécoise sur 5000 femmes enceintes de partout dans le monde, qui étudiera l’effet du stress de la pandémie sur les mères et leurs enfants.

D’autres chercheurs québécois ont constaté, via un sondage auprès de 1258 Québécoises, une augmentation des symptômes dépressifs et de l’anxiété chez les femmes enceintes, ce qui est préoccupant pour leur santé comme pour celle de leurs bébés.

Le mot d’ordre, pour les femmes enceintes, serait donc d’adopter les gestes barrières… et de rester zen.

Photo: Anna Langova / PublicDomainPictures


Cet article a initialement été publié sur le site de l’Agence Science-Presse.


 

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