3 astuces pour distinguer l’information de l’opinion

Sur les réseaux sociaux comme dans les journaux, en passant par les blogues, l’information et l’opinion se côtoient, parfois sans grande distinction. Les sujets les plus polarisants, comme la pandémie de la COVID-19, font l’objet de reportages bien factuels… et d’encore plus de chroniques et de vidéos de Youtubeurs donnant leur point de vue.
Une écrasante majorité de la population ne sait pas comment s’y retrouver. Seulement 12 % des Canadiens peuvent distinguer sans faute les faits de l’opinion, selon un sondage mené par IPSOS en septembre 2019. Une étude similaire menée par le PEW Research Center un an plus tôt, a conclu que seulement 26 % des Américains pouvaient identifier sans faute des déclarations factuelles dans des textes de nouvelles. Parallèlement, 35 % des participants ont pu identifier tous les passages relevants de l’opinion qu’on leur avait présentés.

Voici quelques questions qui vous permettront de distinguer si on vous rapporte une information, qui se base sur des faits, ou une opinion, qui se base plutôt sur des croyances. 

 

  1. Est-ce vérifiable ou pas ?


    Si vous avez du mal à déterminer si une affirmation ou une citation relève de l’information ou de l’opinion, demandez-vous si c’est vérifiable.

    S’il s’agit d’une opinion, vous ne pourrez pas la vérifier, puisqu’elle appartient à l’auteur. Une opinion, même si elle est controversée, ne peut pas être fausse. Elle peut toutefois s’appuyer sur de fausses informations.

    Une information est un fait avéré, vérifiable, comme un nom, une date, une statistique, les données contenues dans une étude. Les professionnels de l’information, comme les journalistes, doivent s’assurer de la fiabilité de leurs sources et doivent prendre les moyens pour s’assurer de l’authenticité des informations qu’ils obtiennent. Ils doivent aussi nommer leurs sources d’information afin que le public puisse évaluer la crédibilité et l’importance de l’information transmise.

    Si des personnes sont citées (experts, témoins, etc.), les journalistes doivent aussi préciser à quel titre elles s’expriment et si leurs propos s’appuient sur des preuves scientifiques ou des données fiables.

    Ainsi, l’information pourra être démentie ou corrigée, si elle s’avère incorrecte. 
     

  2. De quel genre de rubrique s’agit-il ?


    Dans les médias traditionnels, les actualités, les reportages, les enquêtes journalistiques et les articles de vulgarisation scientifique rapportent généralement des informations vérifiables. Si une personne émet une opinion dans ce type de contenu, celle-ci devrait normalement être clairement identifiée comme telle.

    Toutefois, si vous lisez une chronique, un éditorial, une lettre ouverte, ou même que vous regardez la vidéo YouTube d’un influenceur portant sur la pandémie, on vous communiquera probablement des opinions. En général, les médias traditionnels identifient clairement ces rubriques.

    Idéalement, ces opinions devraient être appuyées sur des faits, mais tout le monde ne se donne pas la peine de le préciser ni de fournir ses sources, ce qui rend parfois la vérification impossible.
     

  3. Quel est le ton de l’article ? Le vocabulaire employé ?

    Le ton employé pour rapporter une information est neutre et descriptif. L’auteur ne s’inclut presque jamais dans le texte. Les pronoms personnels de la troisième personne (on, il, elle, ils et elles) sont privilégiés.

    Les citations qui introduisent des informations sont identifiées par un vocabulaire objectif, qui exclut la personne qui les rapporte : on confirme, on rapporte, on observe, etc.

    La touche personnelle de l’auteur colore un texte d’opinion. On utilisera plutôt un ton subjectif, critique. Les pronoms personnels utilisés réfèrent à l’auteur : je, me, moi, mes, ma. Et si on s’adresse directement au lecteur, on utilisera alors les pronoms : vous, vos, votre, nous, nos.

    Le vocabulaire qui introduit des citations qui reflètent une opinion est quant à lui subjectif et représente l’émotion véhiculée par sa source. On croit, on suggère, on s’esclaffe, on menace, on s’exclame, etc.

 

Rappelez-vous, tout n’est pas si tranché ! Les textes d’opinion peuvent s’appuyer sur des informations vérifiables et des commentaires peuvent se glisser dans les textes informatifs. Le mélange des genres existe. Alors, gardez l’œil ouvert !

 
SOURCE : Sondage IPSOS, 2019
 
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